Kulture Pub, Société

Ma banlieue en 10 films

29 septembre 2015

 

La banlieue, cet obscur lieu qui terrorise, fascine, déprime ou motive, empreint de nombreux préjugés, souvent stigmatisé, beaucoup étudié. Lieu pluriculturel, véritable vivier artistique, la banlieue est source d’inspiration, et parfois incubateur de talents.
Traitée en musique, littérature, photo, elle l’est aussi par le cinéma. L’occasion pour nous de revenir sur la banlieue en 10 films :

 

L’incontournable
La haine
La Haine / Mathieu Kassowitz (1995)
Quand on parle de films de banlieue, La Haine est le premier qui vient à l’esprit. Il a marqué toute une génération, et a sans doute ouvert la voie à d’autres réalisateurs. On n’oubliera pas le mythique “Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien…”
Trois copains d’une banlieue ordinaire traînent leur ennui et leur jeunesse qui se perd. Ils vont vivre la journée la plus importante de leur vie après une nuit d’émeutes provoquée par le passage à tabac d’Abdel Ichah par un inspecteur de police lors d’un interrogatoire.

 

Le coup de poing
De bruit et de fureur
De Bruit et de fureur / Jean-Claude Brisseau (1988).
Avant de venir au cinéma, Brisseau était professeur dans un collège de banlieue. Milieu qu’il décrit sans fard dans ses premiers films. Avec De Bruit et de fureur, il nous immerge dans une cité HLM, il signe un film très fort, porté par le grand Bruno Cremer.
L’histoire de Bruno, enfant attardé des banlieues et des H.L.M., plongé dans la violence de son milieu, et dont la vie va se consumer comme une étoile filante

 

L’expérimental
Deux ou trois choses
Deux ou trois choses que je sais d’elle / Jean-Luc Godard (1966)
Dès le générique de début, Godard nous plonge dans le portrait d’une ville de banlieue (La Courneuve), ses bâtiments, ses terrains vagues, ses constructions. “Elle” c’est avant tout la ville avant d’être la femme, une vision presque documentaire de la banlieue des années 70 (au moment de la construction de la cité des 4000).
Portrait d’une jeune femme, mère de famille, habitant dans un grand ensemble de la région parisienne, qui s’adonne à la prostitution occasionnelle. À travers elle, le portrait est également celui de la société tout entière.

 

Le chic
Mon oncle
Mon oncle / Jacques Tati (1958)
Exploration visionnaire de la “nouvelle banlieue”, où l’absurde de Tati souligne le développement ultra rapide et aseptisé du monde moderne. Le film a été tourné en partie à Saint-Maur et Créteil.
Le petit Gérard aime passer du temps avec son oncle, M. Hulot, un personnage rêveur et bohème qui habite un quartier populaire et joyeux de la banlieue parisienne. Ses parents, M. et Mme Arpel, résident quant à eux dans une villa moderne et luxueuse, où ils mènent une existence monotone et aseptisée. Un jour que Gérard rentre d’une énième virée avec son oncle, M. Arpel prend la décision d’éloigner son fils de M. Hulot. Il tente alors de trouver un travail à ce dernier  dans son usine de plastique, tandis que sa femme lui organise un rendez-vous galant avec l’une de leurs voisines…

 

Le “vrai”
Rue des cités
Rue des cités / Carine May et Hakim Zouhani (2013)
Une plongée au cœur d’une cité parisienne, un regard juste sans misérabilisme et empreint d’un peu d’humour et de pas mal d’espoir. Un film qui fait du bien à notre image.
Adilse a 20 ans. Il vit en banlieue. Sa vie se déroule sur le bitume, entre retape de scooters et glandouille avec son meilleur pote. Ce jour-là, son grand-père a disparu. Il le cherche dans la cité.

 

La série
lascars
Les Lascars / IZM, Eldiablo, Alexis Dolivet, Numéro 6, Cap 1 et Lucien “Papalu” (1998 – 2008) [La série sera adaptée en film en 2009]
Créée par un collectif de rappeurs et graphistes, cette série d’animation s’attarde sur le quotidien d’une bande de potes de cité. Caricatures et stéréotypes sous influence de street culture. On rigole en retrouvant tour à tour dans chacun des personnages son frère, son pote, son voisin…
Le quotidien d’une inséparable bande de potes, Jo, Polo, Malik et Barkette, qui ont grandi ensemble dans le même quartier, au cœur de la « culture de la vanne », des « bastons de regards », et des « gros mytho ».

 

Le plus “rose”
La Cité Rose
La Cité rose / Julien Abraham
Entre drame et comédie, un film emprunt d’une énergie communicative qui cherche à casser les clichés et préjugés.
Mitraillette » a 12 ans. Il vit à la Cité Rose, sa cité qu’il ne quitterait pour rien au monde. Son univers, c’est sa famille : Isma, son cousin de 16 ans, qui admire Narcisse, le caïd du quartier et prend un mauvais chemin. Son grand frère, Djibril, 22 ans, étudiant à La Sorbonne et qui rêve de devenir avocat. Mitraillette, lui, aimerait juste sortir avec Océane, la plus belle fille du collège… Leurs destins sont liés, au sein d’un quartier, au cœur de ses tours où les rêves, parfois, se payent cash.

 

Le cliché
Bande de filles
Bande de filles / Céline Sciamma (2014)
Malgré une ou deux jolies scènes, le film ne sort pas des clichés habituels sur les filles de banlieues, une caricature.
Marieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout. Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre sa jeunesse.

 

Le tout nouveau
Brooklyn
Brooklyn / Pascal Tessaud (2015)
Attention, Banlieue talents. Un film qui montre qu’ici aussi on peut être poète par les images (Pascal Tessaud maîtrise son art) et par les mots (amateur de slam et rap, courrez !).
Petite mention spéciale à Liliane Rovère, touchante et drôle.
Coralie, jeune rappeuse suisse de 22 ans se produisant sous le nom de Brooklyn, quitte son pays et un père qui ne la comprend plus, pour s’installer à Paris. Logée chez Odette, une retraitée, elle trouve un petit job dans une association musicale de Saint-Denis, en banlieue parisienne. Lors d’une soirée slam, elle est poussée sur scène par l’un des animateurs. D’abord hésitante, elle conquiert son public et tape dans l’œil d’Issa, jeune rappeur, l’étoile montante de la ville…

 

Ce n’est pas la banlieue, mais c’est tout comme…
Max et Lenny
Max et Lenny / Fred Nicolas (2014)
Au coeur des quartiers Nord de Marseille, un film où l’on découvre une jeune rappeuse française : Camélia Pand’Or, bourrée de talents et qui signe la BO.
Lenny est une adolescente sauvage et solitaire d’une cité des quartiers nord de Marseille. C’est par le rap qu’elle exprime les difficultés de son quotidien. C’est aussi par lui qu’elle réussit à s’en évader.
Un soir, alors qu’elle répète en cachette dans un chantier à l’abandon, Lenny rencontre Max, une jeune Congolaise sans-papiers qui tombe sous le charme de sa voix et de la puissance de ses mots.

 

Et voilà une liste non exhaustive de films qui ouvrent certainement la voie à de futurs autres. On attend avec impatience les prochains talents, et pour sûr, on vous en reparlera !

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