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Brown Sugar Days : Le marathon des films afro

19 octobre 2015

Il y a environ 12 ans, un ami à qui je confiais mon planning un peu nul du weekend m’a proposé de me prêter de supers films avec des « beaux gosses ». Oulalala il savait comment me parler ce Olson (si tu me lis, tu as changé ma vie et mon style de mec ce jour là), et c’est donc avec une petite tour de DVD que j’ai passe mon weekend. Si je vous dis que 12 ans après je n’ai toujours pas rendu ces DVD que je garde précieusement comme un trésor, vous comprenez l’importance de ces films ?

Au programme du Taye Diggs, Du Shemar Moore, Boris Kodjoe, Omar Epps, Shana Lattan, Gabrielle Union, Queen Latifah, Nicole Ari Parker, Tyler Perry etc. On parle de films tels que Brown Sugar, les Madelia, Love and Basketball, Deliver us from Eva, The best man …  Qu’on en commun tous ces films ? Ils sont produits (la plupart du temps) par des noirs américains, interprétés par des comédiens noirs et à destination surtout d’un public noir américain. Oh, oh oh c’est quoi ce bordel ! On parle des Etats-Unis, qu’on aime ou pas, qu’on cautionne ou pas, là bas le communautarisme n’est pas un gros mot ni décrié comme un « mal de la société ». Ce sont des films qui répondent à une demande et dans lesquels certains se reconnaissent. On y voit des noirs (blacks, afro…utilisez le terme qui vous plaît) dans leur quotidien, avec les problèmes de la vie (amour, argent, boulot, santé) mais dans des dynamiques, des situations qui parlent à la communauté. Les femmes sont des noires de pouvoir, avec des carrières dans les médias, des lofts new-yorkais, les hommes ont des postes à responsabilités… Le dernier film de ce genre et qui a eu un fort echo même chez nous est Think Like a man, mais il en sort tous les mois aux Etats-Unis des films comme celui là, je les appelles les films F.UB.U (for us by us… vous vous rappelez de cette marque ;))

Lorsqu’en mars dernier une amie m’a proposé de prendre des places pour la première édition du Brown Sugar Days au Grand Rex, j’ai un peu râlé  à l’idée de mettre 30€ dans un marathon de film que j’avais pour la plupart déjà vu, mais comme c’était la journée de la femme et que c’était avec une bonne copine j’ai fini par dire OUI, et j’ai donc passé une très belle journée, un super cadeau à moi même !

Qu’est ce que le Brown Sugar Days ? C’est un festival de films afro-américain au Grand Rex. Il y a 3 formules : celle des films du matin (18€), ceux de l’après midi (18€) ou la formule Marathon à 30€.

Ma copine voulait la formule Marathon, j’ai râlé fortement car ayant déjà vu la plupart des films, ça faisait cher la séance ; elle a essayé de me vendre les stands mis à disposition (beauté, cheveux…) mais le vrai plus a été l’avant première de Dear White People avec le réalisateur. J’ai donc signé pour le pass Marathon qui donnait droit aux 5 films (Brown Sugar LE FILM, Dear white people, Think Like a man 1 et 2 et The Best Man holidays)et aux animations annexes (stands Mix Beauty par exemple).

La journée a été délirante : on a eu 20mn de spectacle surprise de Fary du Comedy club, des supers sets du DJ de Génération, l’ambiance pendant les films étaient extraordinaires… Les stands proposés, je ne les ai pas visité car il y avait beaucoup de monde et j’avais prévu de faire quelques courses pendant les pauses.

Les plus de la première édition :

  • Le choix du Rex est le premier bon point (central dans Paris, lieu très sympatique, avec de la place…). Le choix a été fait de ne pas relayer cet événement dans une banlieue lointaine et donc de lui donner plus d’aura.
  • La sélection de films qui était juste pour un premier rendez-vous. Brown Sugar est le classique des films du genre et met en avant deux stars pros de l’exercice (Taye Diggs qu’on a pu également voir dans Kevin Hill ou Private Practice de Shonda Rimes sur les chaînes françaises, et Sanaa Lathan qu’on ne présente plus…enfin dès qu’on voit sa tête tous les films nous remontent à la mémoire (Something new par exemple). Le deuxième film était Think Like a man un succès mondial pour le livre et les films, Best Man Holiday est une suite de The Best man attendue depuis plus de 10ans) et arriver à avoir une avant première comme Dear White People est un exploit qu’on ne peut qu’applaudir
  • Les stands proposés ont rencontré un vif succès, et on avait le droit à des petits cadeaux qui réassurent sur le prix payé (des badges, des échantillons, une trousse à maquillage…)
  • Le mini One man show qui a été la « datte sur le couscous ».
  • Le show du DJ. Il a su nous motiver comme si nous étions au 911, au Capsud, à l’Atlantis (les anciens savent de quoi je parle) et au Gibus (époque Hiphop for sure) en même temps. Il nous a sortit des Faith Evans, des Lil Kim, du dancehall, du reggae, le RNB et la soul authentique en n’oubliant pas les classiques du Hip Hop. Ah non le monsieur nous a régalé. Il y a eu des filles sur la scène (on les a vite fait descendre, mais quand on est motivée pardon faut nous laisser), des filles qui sont descendus avec un déhanché à faire pâlir les chorégraphes de Beyonce, Rihanna etc (comme ça les Navy et les Bees sont servis). Merci à lui
  • L’ORGANISATION !!! Je suis admirative du fait qu’il y ai de plus en plus d’évenements crées par les noirs à destinations des noirs qui soient aussi bien organisés et gérés. Je ferai certainement un article sur ma vision du communautarisme, mais je fais partie de ces personnes qui sont pour et n’y voit pas le mal qu’on veut démontrer. Donc oui, il existe des events comme celui-ci avec comme cible les populations noirs ou du moins les personnes qui aiment cette culture afro-antillaise, qui sont très bien gérés (d’ailleurs l’agence Ak-a qui organise Brown Sugar en organise d’autres) ! La journée a commencé à l’heure, les gens étaient polis, serviables, intéressants et organisés. MERCI A EUX

Les moins  :

  • Je vais me faire gronder mais il faut que certaines femmes arrêtent avec la recherche du style ou le m’as tu vu. Ceci est un avis personnel donc il n’engage que moi. Il s’agit d’une sortie sympathique et où il y a beaucoup de filles et donc quelque part de concurrences (la fille black est souvent en concurrence avec les autres, c’est un peu dans notre adn, cela fait notre force cet orgueil et parfois notre perte) mais certaines ont décidé de s’apprêter comme si elles allaient à la Fashion Week, à un mariage ou en boîte. Du coup, on a eu un festival de chapeau et de filles standardisées ! Ce n’est pas une critique mais j’aime l »esprit « free style » qu’il y a dans la salle lorsque les lumières s’éteignent et que tout le monde rigole ou chahute… mais dans les couloirs quand ça redevient un peu « hautain » et qu’on perd ce côté « village, communautaire » j’adhère moins. C’est la seule critique que je peux faire à cette première édition et ce n’est même pas du fait de l’agence qui l’organise 🙂
  • Les propositions de nourriture. On ne peut pas se nourrir de Pop Corn toute la journée ! Et une fois dehors, vu que tout le monde sort en même temps les restaurants des environs sont pris d’assaut et donc difficile d’y manger.
  • La traduction pour l’avant première du réalisateur était un peu bancale et endormante, on n’a pas réussi à donner du rythme à la partie interview, du coup je suis partie au milieu car j’avais la traduction avant que la traductrice ne s’exprime et elle semblait trop timide…

On remarque donc que les points négatifs sont assez légers, du coup lorsque j’ai appris qu’ils organisaient une #2 en octobre j’ai resigné pour un marathon mon neveu ! La deuxième édition a eu lieu au mois d’octobre et elle a rencontré autant voir plus de succès.

La deuxième édition

Sur le même principe que l’édition 1 avec plusieurs stands (Niwel, Design Essential, Phyto Spécific, une animation photo, un stand Afrostream on vous en parlera…), les films, le DJ et du spectacle.  Pour cette deuxième édition il y a eu des améliorations non négligeables, telles que la rallonge du temps de pause entre les films, le spectacle où on est passé d’un one man show à deux (Fary et Donel Jack’sman ont vraiment fait le job) et enfin les propositions de snacking (les Floup, Chips de plantain…étaient totalement dans le thème « Bouffe qui plaît au black de manière sûre).

Pour cette édition, il y avait plus d’hommes qu’à la précédente (je maintiens que pour moi c’est vraiment un délire de filles…), des femmes de tout âge, des films totalement dans l’actualité et qui réveillent le romantisme en nous : Dope et le mouvement de la nostalgie (la team de TTQTP est fan des 90’s…) / Fruitvale Station et les homicides commis par des policiers blancs sur des noirs…) / With this ring qui reprend tous les codes du film du genre et à l’heure de Tinder et autre Snapchat, croire au prince charmant n’est pas un luxe / Love and Basketball pour nous rappeler que parfois de l’amitié à l’amour il n’y a qu’un pas qu’il faut savoir franchir.

Les plus de la deuxième édition :

  • La disponibilité et le côté avenant du maître de cérémonie qui a la juste dose entre information, fluidité, humour…
  • Le timing entre les deux éditions. Ne pas avoir laissé passer un an avant le deuxième round a permis à ceux qui avaient raté le premier de vite se rattraper
  • La proposition de snacking car rire devant un film ça creuse
  • Les spectacles sont top ; on paie pour des films et on a des « + » qui nous auraient coûté le même prix. Donc pour 30€ on a 4 films (on aurait payé plus de 40€ dans un UGC, pathé etc) + deux mini spectacles (de + de15mn chacun, on aurait payé je pense 10€ dans un théatre)

Les moins :

  • L’organisateur a fait le choix de supprimer un film (5 films dans l’édition n°1 vs 4 dans l’édition n°2) pour laisser plus de temps pour manger et au final à l’heure du déjeuner on a eu 40mn pour manger. Alors que pour l’édition 1 on avait pu improviser un brunch pour cette édition on a été recalé des restaurants car servir 6 pers en 35mn c’était compliqué
  • Je ne suis pas fan des stands proposés. Je sais qu’il s’agit de pubs et que c’est le modèle économique qui veut ça, mais pourquoi ne pas intégrer des petites marques crées par des gens de la communauté à cette journée ? Peut être leur laisser la possibilité d’exposer au deuxième étage. J’ai apprécié de voir le créateur d’Afrostream (qui en plus est là en personne) car c’est un vrai service qui nous parle et ça permet de soutenir le travail d’un entrepreneur noir (et ils en ont bien besoin) vs Niwel. Niwel a beau être une marque que j’aime (j’ai déjà été plusieurs fois dans leur salon) mais on sait que c’est Franck Provost qui profite d’une niche de marché qui rapporte.

L’agence Ak-a organisatrice de l’event, est une agence de marketing ethnique lancée depuis plus de dix ans, qui en plus d’organiser le Brown Sugar Days s’occupe également d’un autre grand événement de la communauté : la Natural Hair Academy. C’est une agence dont j’espère à nouveau vous reparler, car quand les gens font du bon travail il faut savoir le souligner.

Je ne sais pas pour vous, mais je vais follow leur page Facebook pour être très vite au courant de la 3ème édition du Brown Sugar Days ! Quelques photos de l’event

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