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J’ai testé le Quidditch Moldu

9 novembre 2017

Quand j’ai commencé cette série d’articles autour de sports inédits voir insolites, je n’aurais jamais pensé me retrouver un dimanche après midi, au bois de Vincennes, entourée d’une quinzaine de jeunes passionnés de Quidditch, le sport directement inspiré de la sage Harry Potter.

Pour être très précise, il s’agit du Quidditch Moldu aussi connu sous le nom de « Quidditch au sol ».

Quoi y’ a des gens qui s’amusent à se courir après, chevauchés sur des balai ?!?

Et ben oui !

En soit, ça peut faire sourire et on ne vous en voudra pas mais dans les faits, le Quidditch Moldu est un véritable sport, très intensif, répondant aux mêmes valeurs de don de soi, d’esprit d’équipe et de fair-play que n’importe quel autre sport.

N’ayant pas froid aux yeux, je me lance donc à la découverte de ce sport et de ses pratiquants.

Dès les premiers échanges, je ressens comme un peu de méfiance. Souvent incompris, je comprend assez vite que le jugement des autres les touche d’où une certaine distance, qui se dissipe peu à peu au fil de nos discussions.

Je découvre deux courants, ceux qui refusent l’héritage directement inspiré de la sage de J-K Rowling, arguant l’indépendance de ce sport vis à vis du film et les autres, qui ne mettent pas l’accent sur ces origines controversées mais ne les rejettent pas non plus.

Dans tous les cas, ça ne les empêche pas de partager la même passion.

L’objectif est assez simple : marquer des buts et pour faire un parallèle, le Quidditch Moldu peut s’apparenter à une balle au prisonnier.

Chaque équipe est donc composée de 7 joueurs. Des équipes mixtes avec un maximum de 4 personnes du même sexe.

Les rôles de chacun sont les suivants :

Les poursuiveurs/poursuiveuses , au nombre de 3, dont le rôle est de marquer des buts avec le souafle, la balle qui leur est attribuée tout en évitant les placages

Les batteurs/batteuses, au nombre de 2, dont la fonction est de toucher les adversaires avec le cognard, la balle en leur possession. Une fois touché, l’adversaire est temporairement « out » et se doit de lâcher la balle en sa possession, de descendre de son balais et de retourner toucher ses buts avant de pouvoir revenir au jeu.

Le gardien/ la gardienne dont la mission est de protéger les buts de son équipes et qui a la possibilité d’aider ses coéquipiers à marquer des buts en sortant de ses « cages ».

Et enfin l’attrapeur/ l’attrapeuse qui entre en jeu qu’au bout de la 18 ème minute et qui a pour objectif d’attraper le « vif d’or », souvent une balle de tennis dans une chaussette, attachée au short d’un arbitre neutre.

Ce dernier personnage a pour objectif d’éviter de se faire attraper. Pour cela, il est le seul autorisé à user de contacts physiques pour contrer les attaques des attrapeurs car une fois capturé, le Vif d’Or met fin à la partie.

Même si capturer le Vid d’Or représente un gain de 30 points, cela ne garantit aucunement la victoire de l’équipe. Il est donc stratégique de capturer ce joker ni trop tard, ni trop tôt afin de permettre à son équipe de faire la différence au moment de compter les points.

Chaque joueur a obligation de maintenir un balai entre les jambes et en cas de chute au sol, il sera donc considéré hors-jeu.

Officiellement, chaque match est encadré de 9 arbitres !

  • 1 arbitre principal, placé au centre du terrain
  • 3 assistants dont le rôle est de signaler les joueurs touchés par le cognard
  • 1 dédié au Vif d’Or afin d’attester de la conformité de sa capture
  • 2 assignés aux buts
  • 1 pour le décompte temporel
  • 1 pour la tenue du score des équipes

Voilà pour les règles ! Pas évident, évident mais une fois assimilées, le jeu prend place instinctivement.

Mettons donc un peu de côté les caractéristiques du jeu pour se concentrer sur ce qui me semble être le plus important dans une équipe, ce sont ses joueurs.

En toute honnêteté, je me suis vraiment demandé qui pouvait bien être passionné par ce sport. Quelles sont leurs histoires et surtout comment sont-ils arrivés à pratiquer ce sport insolite.

J’ai donc sélectionné quelques joueurs qui se sont prêtés au jeu de l’autoportrait.

Merci à eux pour leur accueil, leur sincérité et leur sourire.

« Marine 25 ans , entraîneur /monitrice de gymnastique rythmique , en formation Sophrologie pour devenir sophrologue  et végétarienne.

J’ai commencé dans le commerce au lycée puis j’ai fais une licence LLCE japonais à la fac (car je suis passionnée du Japon)

Côté sport, j’ai fais de la gymnastique rythmique depuis 17 ans . J’aide/entraîne/donne des cours depuis 10 ans et j’ai décidé d’en faire un métier il y a 3 ans !

Passionnée de couture, je confectionne mes justaucorps et ceux de quelques gymnastes quand j’ai des commandes ! 

Pour contraster avec un monde de danse, d’acrobaties, de strass et de paillettes ou l’apparence est de rigueur, j’ai décidé de me lancer dans le quidditch il y a un an, et l’opposé fait du bien ! La boue, les crampons, sont à des années lumières de ma discipline et j’adore ça ! Ça me permet de trouver mon équilibre « 

« Jennifer, 22 ans, étudiante en production cinématographique et audiovisuelle. 

Il y a quelques années, il aurait été improbable que je mette de mon plein gré un pied sur un terrain de sport. De nature plutôt artistique et littéraire, mes passes temps sont la lecture et le dessin, et le cinéma est une passion qui deviendra, j’espère, mon métier. 

Fait non négligeable, je suis aussi fan de la saga Harry Potter. 

Depuis mon premier entraînement il y a presque 3 ans et aujourd’hui, je suis devenue capitaine de l’équipe de Caen (où j’ai commencé à pratiquer le Quidditch)

J’ai fait de nombreuses rencontres et voyages. Et j’ai surtout appris à aimer le sport et ses bienfaits. Aujourd’hui, je suis membre des Frog et je ne souhaite qu’une chose: me donner à fond pour l’équipe et gagner la coupe de France. »

Dyana, 19 ans, étudiante en BTS audiovisuel, végétarienne.

J’ai une passion, ou plutôt obsession, pour les fictions sous presque toutes les formes, et particulièrement celles dont le genre est en rapport avec la science fiction, ce qui est certainement à l’origine de mes envies d’écritures et de costumes. Fervente croyante de l’existence du dit « surnaturel » et de la magie (si, si, je vous assure, le Père-Noël existe ! Il est juste à la retraite), débordante d’imagination  depuis toujours, catastrophe ambulante, folle sur les bords avec des origines de bisounours des Îles, je suis aussi une grande sportive dans l’âme ! … et la jumelle d’un paresseux. 

Ce n’est pas toujours évident de trouver la motivation de se lever pourtant la bonne ambiance qui  règne sur le terrain de Quidditch, tant aux entraînements qu’aux matchs, celle au sein de cette nouvelle grande famille que sont les Frog et les autres joueurs de Quidditch, et ce nouveau plaisir de jouer font que lorsque mon emploi du temps me le permet, je vais aux entraînements, même si souvent rien qu’après l’échauffement je n’en peux déjà plus parce qu’il s’agit bel et bien un sport, et c’est très intense. 

J’ai découvert le Quidditch grâce à la saga Harry Potter, mais c’est par hasard que je suis venue voir les Frog cet été puisque je découvrais la version moldue seulement quelques jours auparavant. Je n’en suis qu’à deux mois de pratique et j’ai déjà du mal à penser au fait que je ne pourrai peut-être plus pratiquer à la saison prochaine. Alors tant que je peux courir avec mon Éclair de Feu entre les jambes, m’amuser, prendre des murs, pardon des joueurs, me faire de charmants masques de boue et appartenir à cette si belle bande de fous, j’en profite.

« Hato, 25 ans, ingénieure en informatique, actuellement sans emploi.

Etant passée par divers sports lors de mon enfance et adolescence, j’ai réduit énormément la pratique du sport pendant mes études, et ai donc cherché à reprendre le sport lors de mon arrivée dans la vie active, qui s’est effectuée en Belgique.

J’ai alors entendu parler du quidditch complètement par hasard, et le sport m’a charmé immédiatement par son inclusivité et sa communauté. A mon retour en France, il ne me paraissait pas envisageable d’arrêter le quidditch malgré l’absence d’équipe à Troyes, où j’habite. Je fais donc des allers retours réguliers pour pouvoir m’entraîner et jouer avec les Frog. »

Cédric 33 ans, directeur sportif des Frog, je suis responsable de toute la partie sportive des Frog cela va des entraînements, aux relations avec les journalistes, initiations et prestations que nous faisons pour des particuliers, des collectivités ou des entreprises.

Je suis dans l’équipe de Paris Frog Quidditch depuis 3 ans, je suis venu tout à fait par hasard, avec il est vrai plein d’a priori (je pensais trouvais que des geeks, non-sportifs…), ces derniers ont été rapidement balayés, en effet, j’ai apprécié la rigueur sportive du club, l’ambiance familiale.

Très rapidement, je me suis investi et pris des responsabilités au sein du club ; mes expériences sportives d’ancien handballeur semi-professionnel et mes expériences professionnelles en tant que manageur et de Directeur Administratif et Financier m’ont permis de proposer des réformes au sein des Frog afin d’améliorer l’organisation du club.

Ce que j’aime dans le quidditch, c’est la complexité de ce sport, 5 balles sur un terrain avec 4 postes différents ; l’entraide qui existe entre club rivaux. Il existe une communauté ouverte et respectueuse de tout le monde. 

L’un des meilleurs exemples, c’est lors de rencontres avec nos adversaires à l’extérieur nous dormons chez eux et réciproquement quand ils viennent à Paris. La compétition est uniquement sur le terrain.

Le Paris Frog Quidditch affiche un beau palmarès,  Vice Champion de France deux années d’affilées en 2015 et 2016,   1/4 finaliste en Coupe d’Europe en 2017 avec également des joueurs sélectionnés en équipe de France.

En plus d’être l’un des clubs les plus titrés de France, il est aussi très engagé et participera, le 25 novembre prochain à une journée d’animations sportives et de sensibilisation aux violences faites aux femmes organisée par la mairie du 20ème arrondissement de Paris.

Le grand public pourra s’essayer à plusieurs disciplines sportives, en plus du baseball/softball : football, escrime, self-défense, boxe française, quidditch, roller-derby, cricket, etc. Il pourra également s’informer à travers divers stands, expositions (Femix’Sports, Dans le Genre Egales, Centre Hubertine Auclert) et ateliers sur les violences faites aux femmes et sur le sexisme dans le sport.

Les détails de l’événement sont ici : https://www.facebook.com/events/334516860292121/

Alors venez à leur rencontre et suivez leur actualité sur les réseaux : Facebook, sur Twitter et sur Instagram.

Je finirai par une citation du personnage Ginny Weasley dans Harry Potter et l’Ordre du Phoenix qui résume bien l’état d’esprit de ce sport et de cette équipe :

Tout est possible, du moment qu’on a assez de cran.

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