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Miss (im)perfection et les enfants sociaux

25 octobre 2016

 

J’ai 32 ans, et des poussières, et aujourd’hui je me fais la réflexion en regardant mon fil facebook ou instagram du nombre de personnes de mon entourage ayant des enfants. Et je persiste à être surprise en entendant mes collègues parler de leurs gnomes…  Sans compter les amis qui n’en ont pas encore et qui font le projet d’enfanter.
Il est vrai que quand on passe le cap de la trentaine, il est presque plus facile de trouver une aiguille dans une botte de foin que de se retrouver dans une zone “child free”.

 

Enfant bonheur

Mais ce qui me choque (oui, ça me choque !) c’est que tous ont l’air super heureux et épanouis. Ces images et discours m’interpellent. Je m’interroge. Sur moi même, la vie, la société.  

Est-ce que l’enfant est une finalité en soi ? Est-ce qu’on est plus heureux quand on a des enfants ? Est-ce que ça donne un sens à la vie ? Est-ce qu’on est normale quand on n’éprouve pas le besoin d’en avoir.

 

Choisis ton camp

Mon premier réflexe pour trouver la réponse à mes questions est d’interroger Google. Mais franchement si tu as envie de ne plus savoir où tu en es, Google est ton ami. Impossible de se reconnaître totalement dans les témoignages des femmes qui se refusent à la maternité. Mais impossible non plus d’accepter de se mettre dans la peau d’une maman.
Et là tu ressens le poids de culpabilité ! Celle qui t’est imposée par la société, celle de choisir ton camp.
Et si tu n’as pas envie de choisir ? Et si un jour tu t’imagines avec tes petits enfants dans un joli jardin, posée dans une vie bien classique mais que le lendemain tu préfères te rêver à parcourir le monde d’amant en amant, même à 80 ans ?

 

Des rôles imposés

Et là tu réfléchis encore… Le problème n’est pas de savoir quels sont tes désirs de vie. Le problème est de te sentir contrainte et forcée d’entrer dans un rôle, un carcan, que le monde a choisi pour toi. Le problème sont les images que les réseaux sociaux véhiculent et qui te renvoient systématiquement en pleine face TA différence. Le problème est toute la pression, consciente ou inconsciente, qu’exerce ton entourage proche et lointain sur ta façon d’être et d’appréhender la vie. Et tu as beau savoir que la vie des réseaux sociaux est aussi réelle que les histoires que tu te racontais gamine en jouant à la Barbie, le doute t’étreint à chaque photo qui apparait sur le fil de tes pages.

 

Miss parfaite

Ce billet questionne une position vis à vis des enfants, car avec les vacances les post “familiaux” sont en recrudescences. Mais ce coup d’humeur pourrait atteindre n’importe quelle “différence”, celle du couple parfait, du job parfait, du corps parfait, de la maison parfaite. Ce monde nous vend de la perfection. Une perfection qui n’existe pas. Il en résulte un sentiment d’échec de tout un chacun, qui pour rester dans la norme alimente lui même les réseaux de la faible perfection qu’il réussit à atteindre, sans se rendre compte qu’il contribue par là même à accentuer ladite pression sociétale.
Combien d’entre nous ont fait de mauvais choix de vie pour entrer dans la norme ? Combien se sont rendus malades (physiquement et moralement) pour atteindre un idéal qui ne sera de toute façon jamais assez parfait ? Combien sont épuisés ou démoralisés face à l’ampleur de la tâche ?

 

Happiness therapy

Je n’ai pas envie d’être parfaite, j’ai juste envie d’être heureuse. Heureuse avec ou sans mec/meuf (parfait/e), heureuse avec ou sans famille (parfaite), heureuse avec ou sans maison (parfaite), heureuse avec ou sans job (parfait). Je veux être heureuse sans avoir à me comparer à vous, à lui ou elle.

Je me rends bien compte qu’il est impossible d’imposer à un monde qui a pris un mauvais pli, un changement radical. Et que ce billet d’humeur n’aura sans doute pas plus d’impact que de pisser dans un violon, mais en tout cas il soulève cette autre question : Et si la solution pour vivre une vie normale est de quitter les réseaux sociaux ?

 

(sortez vos stylos, rédaction, vous avez 4 heures !)

 

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8 Comments

  • Reply Caro 25 octobre 2016 at 11 h 59 min

    C’est exactement ça, pour vivre vraiment il faut se déconnecter. Alors oui on peut vivre et poster, mais en se posant la question de ce que nous vivons vraiment quand nous choisissons de le poster. Est-ce qu’on ne se met pas volontairement dans certaines situations « idylliques » pour pouvoir justement les partager ?

    Super article

    (Pour les enfants, en tant que maman mon parti pris est de penser que la question d’en avoir ou pas ne se pose plus …le jour où on ne se pose plus la question )

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